Depuis plusieurs années maintenant, Grégoire organise le Ker Trek, un raid convivial qui a pour but de faire découvrir le monde du raid aux novices et de concilier sport et découverte d’une région.
Cette année, le Ker Trek se déroulait à Aramon, du côté d’Avignon. C’était donc l’occasion pour moi de découvrir la passion de Jérôme. Il faut dire que j’ai quand même longtemps hésité avant d’accepter. En effet, on ne peut pas vraiment me qualifier de « sportive »…
Au programme de ce raid de 2 jours : environ 80 km de VTT, 2 CO au score d’environ 12 km, 7 km de canoë et quelques petites réjouissances (escalade, spéléo, dégustation, CO urbaine).
Les conditions sont optimales. Nous sommes logés dans la superbe villa d’Olivier et l’organisation est aux petits soins pour nous. De plus, le soleil sera au rendez-vous tout le long du week end.
La course démarre par une grosse section de VTT. Il s’agit de ma « première fois » sur un VTT, je suis en général plutôt habituée à mon B Twin pour aller chercher mon pain à Mauguio… Je suis donc un peu stressée ! Les kilomètres s’enchainent pourtant plutôt bien. C’est un peu technique mais je m’en sors. La première montée arrive et Jérôme m’accroche. Ca me facilite bien la tâche. Nous arrivons tout proche du pont du Gard et c’est le premier arrêt. Nous lâchons les vélos pour une étape bonus de spéléo. Une petite marche d’approche et nous arrivons à la grotte. L’endroit est très sympa. On commence par une descente en rappel pour continuer par une Via Ferrata souterraine. J’en ressors ravie mais couverte de boue !
On reprend alors notre route vers le point d’arrivée. L’étape suivante est le pont du Gard. Nous traversons ce pont millénaire magnifique où nous croisons de nombreux touristes. A ce moment là, nous avons la possibilité d’aller chercher une balise optionnelle. Je me sens bien, on décide d’y aller. Le chemin est assez étroit mais ça passe bien. Une montée un peu rude, je demande l’élastique est ça y est, l’optionnelle est dans la poche.
Tout se déroule pas trop mal jusqu’au moment où Jérôme me tend à nouveau l’élastique pour m’accrocher, et là, c’est le drame… Le vélo part dans tous les sens et je ne peux éviter la chute, heureusement sans gravité. Je me relève vite, mais cette chute restera dans ma tête tout le we. Je vais maintenant flipper chaque fois que Jérôme me tendra l’élastique…
Nous arrivons enfin vers 14h au point de rendez vous où nous attend un super pique nique préparé par nos GO. Une nouvelle épreuve surprise arrive : monter une paroi d’escalade les yeux bandés avec son seul partenaire pour guide. Je m’y colle et Jérôme me guide. Il me faut environ 3mn30 pour monter quand les premiers mettront 1mn environ.
Arrive l’heure du départ pour le canoë. Jérôme a bien cravaché pendant 1 heure, de mon côté, on peut dire que j’ai brassé de l’air. Encore une fois, c’était une première pour moi. Je n’avais pas vraiment la technique appropriée ! Malgré tout, nous sortons bien classés.
A l’arrivée, nous remontons sur les vélos. Le mal aux fesses se fait déjà bien sentir pour moi. Les premiers kms se passent bien. Nous nous arrêtons dans un village où nous attend une nouvelle épreuve surprise. Celle-ci est pour moi, enfin ! Une productrice nous fait gentiment déguster ses vins, à nous de découvrir quel rouge elle nous sert. Je lui donne sans hésiter la bonne réponse.
Nous repartons sur nos vélos, pour la dernière fois de la journée. La fin de l’étape est très difficile pour moi. Les montées dans les cailloux s’enchainent et la fatigue de la journée se fait sentir. Nous arrivons vers 19 heures à la maison. Jérôme m’a bien tracté !
Une CO de nuit nous attend 1h30 plus tard. Je n’ai vraiment pas envie de repartir. J’ai froid, je suis fatiguée, j’ai mal aux jambes. Jérôme arrive à me convaincre qu’il faut y aller.
Il s’agit d’une CO au score d’1h30 avec 10 balises à trouver. Les premières balises s’enchainent bien, mais à la 4è, cela se complique. La carte IGN n’est plus à jour et certains chemins n’existent plus. Je fais quelques montées et descentes pour rien, ce qui n’arrange pas mon état ! Pour couronner le tout, les organisateurs ont rajouté un petit jeu marrant : ils étaient 3 à nous chasser, et s’ils nous attrapaient, cela nous pénalisait de 10 mn à chaque fois. Finalement, Jérôme trouve la fameuse balise. Nous prenons encore une autre balise et il ne nous reste que 15 mn pour rentrer dans les délais où nous attend la dernière balise. Jérôme m’accroche à l’élastique. Je cours sans me poser de questions. Jérôme m’encourage. Je serre les dents et finalement, nous rentrons dans les délais pour 7 mn. Je suis tellement KO que je m’écroule. Je suis allée au bout de mes forces.
Heureusement, nos gentils GO nous ont préparé un super diner pour nous remettre d’aplomb. Une bonne douche, une bonne bière, un bon diner et nous partons nous coucher.
Le lendemain, je suis cassée de partout. Je décide de repartir mais je le regrette rapidement. Nous partons en vélo et à peine partis, nous arrivons sur une montée qui me parait interminable. Il faut pousser le vélo, je suis fatiguée et de mauvaise humeur. Jérôme en prend pour son grade ! Après une longue descente, nous arrivons sur la CO préparée par Yoan. Il s’agit d’une CO au score d’1h15 de 12 balises.
Nous partons tranquillement, je reste attachée à l’élastique tout le long. Jérôme maîtrise bien son sujet. Il enchaine les balises sans problème. On perd cependant un peu de temps sur une balise. Jérôme me speede mais je ne peux plus, je maudis les dernières montées et je n’arrive plus à courir. Je suis carbo. Finalement, 1) les quelques minutes perdues un peu plus tôt ou 2) ma lenteur sur la fin de l’épreuve (choisissez l’option que vous préférez) nous feront arriver 3 mn après l’horaire. Nous avons quand même 10 balises sur les 12.
Nous repartons sur le vélo direction Avignon pour une longue ligne droite sur les bords du Rhône. La route est monotone. Je suis accrochée à Jérôme qui cravache pour nous faire avancer. Nous arrivons fatigués. Une CO urbaine (un questionnaire sur les monuments de la ville) d’une heure nous attend où tous les coups sont permis. Nous connaissons tous les 2 Avignon, nous choisissons donc l’option « appel à un ami » pour répondre aux questions. Jérôme appelle son père qui fait tourner internet. On peut dire que c’était mon étape favorite ;-)
Il ne reste « plus » qu’à reprendre le vélo pour rejoindre l’arrivée. D’après Grégoire, il ne nous faudra que 45 mn pour rallier l’arrivée. Là, la galère commence. Nous sommes un petit groupe de 6 avec Philippe et son fils et l’équipe de Jonathan. Nous prenons un GR qui grimpe sévère. Ensuite, Jérôme et Philippe ratent un embranchement. Cette petite erreur nous fera perdre 30 mn. Puis, une balise est mal placée. Encore 10 mn de perdues. Les derniers kilomètres sont mortels pour moi. Nous attaquons une montée qui durera plusieurs km. La dernière balise se trouve sur un sommet. Nous quittons les vélos pour y monter. Je suis ko. Le panorama est magnifique, mais je ne peux en profiter.
Les derniers kilomètres s’enchainent et nous arrivons enfin, 2h après notre départ d’Avignon (vous vous souvenez, nous n’étions normalement qu’à 45 mn !). Je ne pense qu’à la bonne bière bien fraîche qui m’attend. Je la déguste avec le plus grand plaisir.
J’ai du mal à décrire mon état à l’arrivée, c’est un mélange d’épuisement et de joie d’en avoir terminé et surtout d’avoir tout fait. J’étais partie pour faire quelques étapes, jamais je n’aurais cru pouvoir tout faire. Juste après la course, je me dis : c’est bon, c’est fait, maintenant, plus jamais !
Quelques jours après, je me dis, pourquoi par recommencer, mais dans de meilleures conditions à savoir un peu entrainée et sur une épreuve un peu plus facile.
En tous cas, bravo à l’organisation. C’était une sacrée épreuve et cela leur a demandé un travail de titans. Merci pour leurs encouragements, leurs sourires, les bons repas qu’ils nous ont concocté tout le week-end et la convivialité qui a régné entre les participants.
Ah oui, j’allais oublier, nous finissons finalement 5è ex aequo (1er mixte ex aequo avec Tanguy et Juliette) sur 11 équipes engagés, pas mal pour une première !